L'Orfèvrerie d'Anjou
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Entretien et poinçons · Restauration

Restaurer une pièce d'argenterie : réargenture, débosselage et réparations

Restaurer une pièce d'argenterie : réargenture, débosselage et réparations

Une théière cabossée, une ménagère dont l’argenture s’efface, une anse qui se décolle, un couteau dont la lame tourne dans son manche : l’argenterie de famille vieillit, et il est tentant de la reléguer au fond d’un placard. Pourtant, la plupart de ces défauts se réparent. Voici ce que l’on peut confier à un orfèvre restaurateur, ce que l’on peut faire soi-même, et ce qu’il faut absolument éviter.

Évaluer avant d’agir

Avant toute restauration, posez-vous trois questions.

  1. De quel métal s’agit-il ? Argent massif ou métal argenté : les réparations possibles et leur intérêt ne sont pas les mêmes. Voir métal argenté ou argent massif.
  2. Quelle est la valeur de la pièce ? Valeur sentimentale, valeur d’usage, valeur de collection. Pour une pièce ancienne ou signée, une restauration maladroite peut faire plus de tort que l’usure.
  3. Que veut-on obtenir ? Retrouver un objet utilisable, ou conserver une pièce dans son état d’origine ?

Pour une pièce de collection, il est sage de demander l’avis d’un expert avant toute intervention.

Les grandes interventions

ProblèmeInterventionQui la réalise
Argenture uséeréargentureatelier d’argenture, orfèvre
Bosses, déformationsdébosselage, planageorfèvre restaurateur
Anse, pied ou bec décolléressoudureorfèvre restaurateur
Lame qui joue ou se détacheremmanchagecoutelier ou orfèvre
Charnière casséeréparation ou remplacementorfèvre restaurateur
Rayures profondesponçage et repolissageorfèvre
Dorure uséeredorureatelier de dorure, orfèvre
Prise ou bague isolante casséeremplacementorfèvre, tabletier

La réargenture

La réargenture concerne le métal argenté. Quand la couche d’argent s’est usée et que le métal de base apparaît, l’atelier :

  1. démonte si besoin les parties qui ne supportent pas les bains (manches, prises en bois) ;
  2. retire l’ancienne argenture et nettoie la pièce ;
  3. corrige les petits défauts : rayures, bosses ;
  4. dépose une nouvelle couche d’argent par électrolyse, le procédé décrit dans l’argenture électrolytique ;
  5. polit et remonte la pièce.

L’opération a un coût, souvent calculé à la pièce ou au poids. Elle se justifie pour une ménagère de qualité, une pièce de grand fabricant ou un objet auquel on tient. Pour un objet courant, il vaut parfois mieux le garder tel quel.

Le débosselage

Une bosse sur une théière ou un plat se corrige en repoussant le métal de l’intérieur, sur des bigornes et des tas, puis en le planant au marteau pour retrouver une surface lisse. Ce sont les gestes décrits dans les gestes de l’orfèvre.

L’opération est délicate sur les pièces à paroi fine ou très décorées : un mauvais coup peut marquer le décor ou percer le métal. C’est un travail de professionnel.

Ressouder une anse, un pied ou un bec

Les éléments rapportés sont fixés par brasure. Quand ils se décollent, l’orfèvre nettoie les surfaces, retire les éventuelles réparations anciennes, puis brase à nouveau. Sur du métal argenté, la chauffe abîme l’argenture autour du joint : une réargenture partielle ou complète est souvent nécessaire ensuite.

Ce qu’il ne faut pas faire soi-même

Certaines tentatives, bien intentionnées, compliquent ou rendent impossible une restauration ultérieure :

  • les colles fortes pour fixer une anse ou un manche : elles tiennent mal et doivent être entièrement retirées avant brasure ;
  • la soudure à l’étain sur une pièce d’argent : elle pollue le métal et gêne les réparations futures ;
  • les polissages agressifs à la machine ou à la pâte abrasive, qui effacent les décors et les poinçons ;
  • le redressage à la main d’une pièce fine, qui crée des plis ;
  • les bains « miracle » qui promettent de réargenter : ils ne déposent qu’une couche infime, souvent inégale.

Ce que l’on peut faire soi-même

L’entretien courant reste entre vos mains : nettoyage doux, séchage, rangement à l’abri de l’air. Tout est expliqué dans entretenir l’argenterie. Vous pouvez aussi resserrer un fretel vissé, remplacer un feutre sous un pied, ou faire briller une pièce avec un chiffon imprégné.

Choisir un restaurateur

Cherchez un atelier qui travaille régulièrement sur des pièces anciennes. Demandez un devis détaillé, des explications sur les interventions prévues et, pour une pièce précieuse, des photographies avant et après. Un bon restaurateur saura aussi vous dire quand il vaut mieux ne rien faire.

En résumé

Presque tout se répare en orfèvrerie, à condition de confier les gestes techniques à des professionnels et de ne pas aggraver les dégâts avant. Une pièce bien restaurée peut repartir pour plusieurs générations.

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